Historique

Il est difficile de retracer l’histoire d’une association, tant de moments, tant de points de vue différents, tant de souvenirs effacés par le temps…Chacun.e de ses acteurs/actrices est passé.e, parti.e, a suivi sa propre voie, en gardant en soi une trace de son passage dans cette délégation et ayant chacun.e apporté sa pierre à l’édifice… Chaque trace du passé ne peut pas être écrite, et c’est ce qui en fait la magie !

            Nous avons quand même essayé de recontacter plusieurs personnes ayant été présentes à différents moments dans l’association, à différents postes…Nous avons choisi de mettre quelques bribes de leurs témoignages pour ne pas déformer leurs mots, tout en essayant de défiler l’histoire de la délégation au mieux. Elle restera incomplète, inracontable, indéfinie, laissant place pour chacun.e le soin de dérouler le fil de son imagination !

            L’association régionale Maison des Bateleurs – Solidarités Jeunesses (association Loi 1901 et agréée Jeunesse et éducation populaire), créée en 1993, est l’une des deux délégations du Mouvement National Solidarités Jeunesses, en Nouvelle Aquitaine, depuis la réforme territoriale de 2015. Auparavant, elle était la délégation de la région Poitou-Charentes, sous le nom de Solidarités Jeunesses Poitou-Charentes.

            En 1996, le centre d’accueil international et siège de l’association, voit le jour, en Charente-Maritime. Il est gracieusement mis à disposition par la commune, avec un accord tacite entre la mairie et l’association. « Je suis arrivé avec un groupe de volontaires (katimavik) de Beaumotte (délégation Franche-Comté) en mai 1996 dans ce qui était la maison Bonnet et pas encore la Maison des Bateleurs » raconte Louis Leroux, un des premiers initiateurs de la délégation. L’arrivée à Montendre a permis un ancrage local et de nouvelles perspectives d’actions pour l’association.

            « Nous avons commencé l’activité sur la maison sans salarié, j’étais au chômage suite à un problème d’équilibre budgétaire à Beaumotte. Avec Louisa, nous avons organisé conjointement avec Jérôme (seul salarié de la délégation à l’époque) les premiers chantiers autour de Montendre. Il me semble que nous avons été salariés Louisa et moi début 98… », Louis Leroux était en co-direction avec Louisa Crispe.

            Le bâtiment a été rénové au cours de chantiers internationaux en 1995 : « .Les premières années ont consisté à mener de front la rénovation de la maison et l’organisation des chantiers d’été. Une fois la maison rénovée, les activités artistiques (présentes dès le début) ont progressivement pris de l’ampleur. Montendre n’avait jusque-là que l’expérience des chantiers d’été, il a donc fallu organiser le partenariat à long terme avec la municipalité, les assos, les gens ! L’association Solidarités Jeunesses Poitou Charentes a d’abord vécu très durement la création de la maison et le développement de l’activité, aussi les premières années avaient pour objectif de réussir la  « transplantation ». Ensuite il s’est agi de mettre la maison aux normes ERP, réussir l’accueil de personnes en difficultés, équilibrer les finances… » Louis Leroux,

Quelques souvenirs marquants racontés par Louis Leroux :

« L’arrivée le premier jour dans une maison délabrée, où nous avons dormi au grenier, seul plancher qui n’était pas pourri !!! L’émotion de commencer une aventure incroyable pour quelques semaines avec un groupe incroyable qui me faisait confiance et qui voulait être là ».

« Le moment où nous avons appuyé sur un interrupteur, la lumière s’est allumée et une volontaire m’a dit « ça ne sera plus comme avant ». C’est anecdotique mais ça signifie pour moi plein de choses : on s’était battu et on avait travaillé dur pour que cette maison soit en état, aux normes, belle… ce faisant on laissait derrière nous « le meilleur ». Je ne suis pas un nostalgique du bon vieux temps, je veux juste dire que ça n’est pas forcément où on va qu’il faut travailler (objectifs, projets, etc) si ce n’est que comme un point à l’horizon que le comment on y va ».

« Le premier hiver, le seul point de chauffage de la maison était la cuisine (pas encore aux normes) sur une vieille cuisinière on faisait chauffer de l’eau, on remplissait une douchette de camping et on allait prendre notre douche dans un réduit avec une lampe de poche… Une fois par semaine maxi… ». Louis Leroux a quitté l’association au printemps 2003.

Plusieurs années auront été nécessaires pour la rénovation du bâtiment, le volet gros œuvre prenait beaucoup de place au début puis, le volet artistique est arrivé quelques 7 années plus tard. Des chantiers internationaux étaient développés dans l’ensemble de l’ex région Poitou-Charentes en parallèle des actions menées au sein du centre d’accueil.

Plusieurs personnes ont œuvré pour l’association, une de ses forces est qu’elle permet sans cesse de se remettre en question, de s’y former et d’y évoluer. Le parcours de Valéria Baccigalupi, en témoigne : «  arrivée en 1999 à la Maison des Bateleurs, en tant que Service Volontaire Européenne, puis j’ai été embauchée en tant que salariée au poste d’ Encadrante technique et responsable accueil. En novembre 2001, je deviens Directrice Déléguée Régionale de l’association ».

Durant toutes ces années, de nombreux projets sont menés, des volontaires internationaux sont accueilli.es sur le lieu d’accueil, des chantiers se développent dans toute la région, des projets artistiques et culturels voient le jour, des accueils de jeunes en insertion sont développés, etc.

Le début de l’année 2009 marque un tournant avec le départ de plusieurs salariés entre janvier 2009 et mars 2009, il reste Jérôme Farges (délégué régional) de Janvier/Février 2009 à Novembre 2009 en tant que Coordinateur de chantiers, remplacé par Benoît Fauchereau. Le lieu d’accueil est aux normes depuis plusieurs années maintenant, La Maison des Bateleurs est un lieu d’accueil pour les volontaires, les groupes et les jeunes en insertion où se trouvent aussi les bureaux de l’équipe des salarié.e.s.

« Je suis arrivée fin 2008 en tant que bénévole dans l’association puis, j’ai intégré le poste de Déléguée régionale en juillet 2009, la situation était complexe tant d’un point de vue humain que financier, il ne restait plus qu’un salarié dans l’association mais le conseil d’administration se reformait et s’est solidifié au fur et à mesure des années, c’était aussi un temps où l’on s’est posé pour réfléchir à nos actions, à nos valeurs, à ce que l’on souhaitait faire. Des bénévoles très impliqués se sont installés dans la maison et en lien avec une équipe de volontaires très soudés, les actions ont repris. Un accompagnement via un Dispositif Local d’Accompagnement (DLA) avec la région s’est mis en place pour nous épauler dans un travail de refondation ». Audrey Messé (Déléguée Régionale entre 2009 et 2012)

Les chantiers de volontaires internationaux dans la région n’ont jamais cessé, des projets européens ont été remis en place, notamment dans le marais poitevin, en lien avec des personnes présentes quelques années auparavant. Un projet local avec la commune autour de la Place des Chaumes, initié par Jérôme Farges, a abouti au réaménagement d’un lieu de passage à Montendre, avec un travail sur l’histoire des réfugiés espagnols, etc. Les accueils de groupe en insertion avec des structures partenaires éducatives et sociales ont repris, quelques accueils de jeunes en insertion.

« Puis, sous l’impulsion de Michèle Vauzelle, d’abord bénévole, puis salariée, le Pôle Environnement s’est développé, étoffé, devenant ainsi un support d’activités pour les volontaires, les accueils, etc. Des toilettes sèches, un pavillon de compost, un poulailler, un potager, une spirale de plantes aromatiques, et bien d’autres choses, autant que nécessaires pour être au plus près du respect de l’environnement. Une réflexion sur notre mode de consommation au sein de la vie collective était en route. Nous continuons les actions dans le cadre du développement local en participant à des actions avec la commune et les associations locales ou par exemple par le biais de l’implication des volontaires au sein des temps méridiens au collège, etc. Un souvenir d’un travail avec la commune de Vanzac me revient, un projet autour de prises de vue photographiques des habitants de la commune 10 ans après, et une exposition…et puis le développement d’un partenariat avec la compagnie de théâtre Dakatchiz, et l’émergence de projets en commun, résidence pour la création du spectacle les Kookies, ateliers, etc.». raconte Audrey Messé

En 2012, Benoît Fauchereau devient délégué régional. Une autre date importante sera la signature d’une convention avec la municipalité de Montendre signée le 18 décembre 2018 (consentie pour une période de 3 ans renouvelable, par tacite reconduction), pour notre présence au sein du lieu d’accueil La Maison des Bateleurs, et stipulant la mise à disposition du lieu par la commune.

Bérénice Doussin, actuellement présidente de l’association, nous raconte les actions menées depuis quelques années : « L’association a gardé les grands axes de son action : international, local et social.  Il y a toujours beaucoup de chantiers internationaux l’été mais il y a moins d’accueil de groupes, moins d’accueil individuel. En effet, pour l’accueil de mineurs, nous nous sommes heurtés à un gros problème de compétence et de responsabilité, notamment pour l’hébergement la nuit et le week-end à la Maison en l’absence de salariés. Pouvions – nous imposer cette charge à nos volontaires ? Nous avons répondu non. 

Progressivement l’association a essayé de développer d’autres actions que les chantiers internationaux, des activités plus pérennes et qui fassent sens avec nos valeurs, notre vision notamment pour le volet social et local … L’action la plus représentative de cette  orientation est le programme « MOVE IT» (Mobilité, Ouverture, Volontariat, Expérience, Internationale, Tremplin) action développée pour et avec un public de jeunes considérés en situation de décrochage scolaire. « Lors de la dernière journée Portes Ouvertes à la Maison, j’ai revu un jeune homme qui a participé l’an dernier au dispositif MOVE IT. Les yeux brillants, avec un grand sourire il m’a dit que cela avait été la plus belle année de sa vie…Ce sont des instants comme celui-ci qui donnent envie de continuer à donner un peu de temps pour faire vivre le projet de l’association : Maison des Bateleurs – Solidarités Jeunesses ».

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